Le lexique de l'investisseur particulier : rendement et risque – partie I
Après vos retours positifs sur le premier article du lexique consacré à l'actif et le passif, ce deuxième numéro présente le rendement et le risque, toujours avec la perspective de l'investisseur particulier.
Rendement
Le rendement d'un actif est le gain réalisé, souvent exprimé en pourcentage du coût assumé.
Exemple concret 1 : Vous achetez en 2019 un appartement à Lyon à 200 000 €. Vous avez payé 8 000 € de frais d'agence et 14 000 € de frais d'acquisition. Votre appartement a donc coûté au moins 222 000 €. Vous revendez cet appartement en 2026 à 230 000 €. Votre gain est de 230 000 - 222 000 = 8 000 €, et votre rendement de 8 000 ÷ 222 000 × 100 = 3,6 %.
Remarque 1 : Il est important d'inclure tous vos coûts et vos gains liés à l'opération. Cette approche permet ainsi d'évaluer si l'investissement est réellement bénéfique pour vous.
- Si l'appartement a été acquis avec un crédit bancaire, vous devriez inclure le coût du crédit (entre 2019 et 2026) dans celui de l'appartement. Pareil si vous avez repeint l'appartement à vos frais. Le rendement de l'opération immobilière s'en retrouverait réduit.
- De la même façon, si vous avez reçu des loyers parce que l'appartement était loué, alors les gains liés aux loyers doivent être ajoutés au gain de la revente. Dans ce cas, le rendement de l'opération augmenterait.
Exemple concret 2 : Vous avez acheté des actions d'une entreprise française cotée pour 100 € en 2019 puis les avez revendu pour 140 € en 2026. En plus, vous avez payé 1 € par transaction, à l'achat comme à la revente. Au total, votre investissement a coûté 102 €. Le gain est de 140 - 102 = 38 €, et votre rendement de 38 ÷ 102 × 100 = 37 %.
Remarque 2 : Les frais liés à votre investissement impactent le rendement de celui-ci. Il est donc important d'en tenir compte quand vous planifier un investissement. Et surtout, négociez tous les frais qui peuvent l'être.
Note : Les rendements calculés dans les deux exemples ci-dessus sont
des rendements bruts. Pour passer au rendement net, vous devez appliquer la fiscalité
adéquate.
Exemple concret 3 : Reprenons l'Exemple 2, où vous avez revendu pour 140 € vos actions initialement achetés 100 €. Pour l'État, vous avez gagné 140 - 100 = 40 €. Le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) étant actuellement de 31,4 %, vous devrez vous acquitter de 12,56 € d'impôts. Votre gain net est donc de 38 € - 12,56 € = 25,44 €, soit un rendement net de 25,44 ÷ 102 × 100 = 24,9 %.
Remarque 3 : Vous l'avez peut-être remarqué, votre gain brut aux yeux de l'État (40 €) est différent de celui à vos yeux (38 €). C'est normal : Lorsque vous êtes un investisseur particulier, le système de calcul ne tient pas compte de vos coûts annexes, qui pourtant sont très utiles pour votre évaluation de la qualité de l'investissement. Ces coûts annexes sont par exemple les frais de transaction dans un placement financier ou les intérêts payésà la banque dans une opération immobilière. Mais si vous voulez accumuler du patrimoine, vous devez analyser et prendre chaque décision d'investissment en considérant le coût total engendré et le gain net potentiel pour vous.
Le rendement : attendu ou réalisé
La majorité des investissements qui vous sont vendus sont présentés avec un rendement. C'est le cas notamment des actions, ETF, etc. Le rendement attendu d'un investissement est une prévision du rendement brut que vous pourrez potentiellement obtenir. Il est primordial de considérer ce rendement pour ce qu'il est : une prévision. Sa crédibilité dépend en partie de la confiance que nous avons dans les analystes qui l'ont fourni, mais il n'a pas d'influence sur le rendement qui sera effectivement réalisé à l'issue de l'opération.
Si vous voulez avoir du succès à long terme, vous devez aller au-delà du rendement attendu pour analyser chacun de vos investissements. A minima, vous devez examiner le risque lié à chaque placement avant de prendre une décision.
Le risque est expliqué dans la partie II accessible ici.